Interview d’Henri Neyrand pour Vocatis

Ingénieur manager, ingénieur commercial : les ingénieurs n’ont que l’embarras du choix pour se doter d’une double compétence orientée vers le management, la finance ou le commercial. Comment procéder ?

Les passerelles entre les écoles d’ingénieurs et les grandes écoles de commerce permettent depuis longtemps aux futurs ingénieurs de se forger une double compétence technique et managériale. Audencia Nantes a même poussé cette logique jusqu’au bout en proposant aux pensionnaires de l’école Centrale Nantes d’effectuer en son sein les 18 derniers mois de leur cursus, avec une formation dispensée en anglais qui comprend notamment un séjour de six mois sur le campus de l’université de l’Etat de l’Ohio. Une formation sanctionnée par l’obtention d’un double diplôme ingénieur manager.

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– En formation continue cette fois, on retrouve des ingénieurs apprentis managers dans les executive MBA proposés dans toutes les grandes écoles de commerce en France et à l’étranger. Dans les mastères spécialisés et master en finance dispensés par des universités comme Paris Dauphine ou Paris 1 Panthéon, les promotions abritent elles aussi des ingénieurs désireux de rejoindre l’univers des salles de marché.

« Les ingénieurs ayant un talent commercial sont recherchés »

– D’autres choisissent plus classiquement de s’orienter vers une double compétence technique et commerciale, en optant pour un 3e cycle dédié aux techniques commerciales.
L’ingénieur commercial ou l’ingénieur d’affaires restent en effet des profils très recherchés par les entreprises, comme le confirme Henri Neyrand, directeur général d’Euridis, une école supérieure de commerce spécialisée dans la formation aux ventes complexes dans les nouvelles technologies. « Pour avoir travaillé dans l’industrie du logiciel et des SSII, je peux vous assurer que la problématique de la formation des commerciaux a toujours été présente dans ces nouveaux métiers. Dans ces sociétés qui sont composées à 90 % d’ingénieurs, vous avez soit des commerciaux terrain, très énergiques, mais qui vont avoir pour seul souci de signer sans toujours se préoccuper de la réalisation derrière, soit vous avez des techniciens ou des ingénieurs qui réalisent des ventes, mais de manière un peu poussive. Plus rarement, vous avez des ingénieurs, avec un vrai talent commercial. Et c’est parmi ce profil que l’on retrouve, et de très loin, les meilleurs commerciaux. »

– Dans le tout nouvel atelier de l’ingénieur d’affaires qui vient d’ouvrir ses portes, Euridis dispense 21 jours de formation sur un an, à raison de deux jours par mois, auxquels viennent s’ajouter quatre séances de coaching individuel. Le cursus est sanctionné par l’obtention du master ingénieurs d’affaires, de niveau bac +5. « Cette formation répond à trois besoins dans l’univers des nouvelles technologies, explique Henri Neyrand. Elle répond d’abord à la volonté des ingénieurs désireux de renforcer leurs talents commerciaux. Elle s’adresse aussi à des ingénieurs qui voudraient s’orienter vers la vente sur le terrain car il y a une vraie pénurie de commerciaux dans l’univers des hautes technologies ».

Yves Rivoal, www.vocatis.fr

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